Photographie culinaire : comment s’y prendre ?

par | 20/06/2020 | photographie

Vous souhaitez vous essayer à la photographie culinaire, pour un restaurateur, pour un magazine, ou pour vous tout simplement ? Vous trouverez dans cet article quelques conseils et astuces que j’ai pu apprendre sur le terrain, et qui vous permettront peut-être de gagner du temps, voire même d’éviter quelques erreurs…

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Étape 1 : organisation

Si vous devez shooter plusieurs plats pour un restaurant par exemple, il est important de s’organiser en amont.

  • Est-il nécessaire de faire une photo de l’équipe ? Auquel cas convenez d’une date qui permettra de réunir tout le monde.
  • Repérez les lieux, allez-vous prendre vos photos en intérieur ou extérieur ? Sur quel support ? Ces questions vous aideront à définir le matériel dont vous aurez besoin.
  • Quel est le type de photo attendu par votre interlocuteur ? Imprégniez-vous de son univers. S’il s’agit de street-food, le shooting sera très différent d’un plat gastronomique à déguster attablé.
  • La carte change-t-elle en fonction des saisons ? Imaginez votre composition en fonction de la période et définissez ensemble les accessoires (décorations de table, couleurs, assiettes, couverts, dressage…)
  • Quel est l’usage de la photo ? Article web ? Réseaux sociaux ? Adaptez-vous à la cible qui doit pouvoir s’identifier et à qui nous voulons clairement donner faim !
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Étape 2 : matériel

Quel matériel choisir ? De quoi aurez-vous besoin une fois sur place ?

Le boitier : privilégiez un boitier plein format. Un APS-C peut aussi faire l’affaire, c’est ce que j’ai utilisé pour les photos de cet article, en l’occurrence le Canon EOS 90D.

L’objectif : il est difficile de conseiller un objectif en particulier, tout dépend de ce que vous souhaitez réaliser et du type d’objectif avec lequel vous vous sentez à l’aise.

Personnellement, j’utilise principalement le Canon EF-S 24-70mm f/4L IS USM et le Canon EF 50mm f/1.4 USM.

Si vous n’avez pas besoin d’une grande profondeur de champ, et que vous prenez vos photos en plongée (vue d’en haut), un grand angle peut s’avérer utile. Dans ce cas de figure j’équipe mon boîtier du Canon EF-S 16-35mm f/4L IS USM.

Enfin, j’emporte aussi un objectif macro : le Canon EF 100mm f/2.8 IS USM, pour les plans rapprochés. Ce type d’objectif est idéal si vous souhaitez mettre certains ingrédients en valeur. Il vous permettra de donner aux petits éléments une impression de grandeur, ou de jouer plus facilement avec les textures.

Le trépied : il n’est pas indispensable, je fais souvent mes photos culinaires sans trépied. Cependant, pour une prise de vue fixe en plongée par exemple, il vous sera d’une grande aide ! Vous permettant de conserver un cadrage unique sur une série de photos. Il peut également vous sauver la mise si vous manquez de lumière, par l’augmentation du temps de pause.

Le contrôle à distance : si vous travaillez au trépied et que votre appareil ne doit surtout pas bouger, vous pouvez contrôler votre matériel à distance via votre téléphone, ou à l’aide d’une télécommande.

La lumière : il est souvent plus agréable de jouer avec la lumière extérieure, mais ce n’est pas toujours possible selon la configuration de l’espace. De plus, cela vous rend dépendant de la météo. Si, après repérage des lieux, vous vous rendez compte que la lumière n’est pas exploitable, il vous faudra prévoir un ou plusieurs projecteurs. Personnellement j’utilise le classique Falconeyes Sophiez Softlight en version 48W, pratique en photo comme en vidéo.

Vous pouvez aussi jouer avec l’utilisation de réflecteurs ou de diffuseurs pour mieux contrôler la lumière et déboucher ou adoucir les ombres.

Enfin, il est aussi possible de travailler au flash, ce qui n’est pas mon cas.

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Étape 3 : shooting

C’est le jour J, vous avez pensé à tout, charger les batteries, emporter vos cartes mémoires… Vous voilà sur place avec le ou la chef(fe), et peut-être toute une équipe.

Définissez ensemble l’ordre des plats à photographier en fonction de ce qui est plus pratique en cuisine : un plat encore chaud ou un soufflé tout juste sorti du four donneront plus envie qu’une assiette qui attend depuis 20 minutes ! Il est donc important de bien se coordonner.

Préparez votre matériel et votre support, installez les éléments décoratifs si nécessaire.

Réglez la température de votre image (en Kelvin), faites des essais de lumière, évitez de vous placer en plein soleil ou à contre-jour. On dit souvent qu’en photo, la plus belle lumière est celle qui vient du Nord !

Notez qu’une grande ouverture n’est pas toujours une bonne solution ! Pour ce genre de photos, j’obtiens souvent mes meilleurs résultats autour de f/4 ou f/5.

Concernant le temps de pause, n’hésitez pas à le réduire s’il y a du mouvement : exemple si l’on verse une sauce sur le plat au moment de votre photo.

Dans l’exemple ci-dessous, j’ai utilisé le mode rafale avec un temps de pause de 1/80 s et une ouverture à f/5.

Observez chaque ingrédient qui compose le plat et cherchez le meilleur angle. Faites plusieurs essais et n’hésitez pas à jouer avec les couleurs et les textures !

Vous pouvez utiliser des techniques pour rafraichir votre plat, remplacer les aromates quand ils ne parraissent plus très frais, utiliser un brumisateur pour un effet de fraicheur, jouer avec les lumières et les mouvements…

Profitez des moments de pause entre les plats pour faire un pré-tri de vos photos en supprimant celles que vous êtes sûr d’avoir raté. Vous gagnerez du temps à l’étape suivante !

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Étape 4 : sélection et premiers ajustements

Vous êtes de retour chez vous pour transférer vos fichiers, avec parfois 20 photos du même plat.

Procédez à un tri et comparez chaque détail pour ne conserver que les meilleures prises, soyez exigeant ! Une fois qu’il ne vous reste que 3 à 4 photos par plat, redressez-les si nécessaire et recadrez-les. Vous êtes prêt pour l’étape suivante !

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Étape 5 : retouches

Dernière étape avant d’envoyer nos photos : quelques retouches de vos fichiers RAW ou jpeg, sur Lightroom, Photoshop, Pixelmator Pro, Affinity Photo, ou autre logiciel. 

Là encore, la façon de retoucher dépend de l’usage de la photo et du rendu souhaité. Ici, nous allons voire comment faire une retouche simple qui mettra vos plats en valeur, sans artifices.

Commencez par la balance des blancs, une valeur Kelvin assez basse vous permettra d’obtenir des couleurs plus froides, ce qui peut convenir pour un dessert glacé par exemple, ou pour des produits de la mer, en renforçant l’aspect de fraîcheur de votre plat. Des couleurs plus chaudes seront plus adaptées pour une salade estivale, un plat frit, une pizza, etc.

Continuez avec quelques réglages basiques en surveillant votre histogramme : correction de l’exposition, dégagement des ombres par l’ajustement des tons foncés et tons clairs, réglages de contraste, luminosité, et point noir. Regardez le résultat avant/après et assurez-vous que ce que vous avez modifié correspond à vos attentes.

Ensuite, pour la cuisine, un outil d’amélioration de la netteté permettra souvent de mettre en valeur votre plat, que ce soit pour augmenter la brillance d’une sauce, ou pour renforcer l’aspect croustillant d’une surface caramélisée. Augmentez l’intensité  de la netteté de 20 à 50%, soit sur toute la photo, soit en travaillant au pinceau par zones. Ajustez avec parcimonie, trop de netteté apportera un aspect artificiel.

Si certaines zones de votre plat sont encore trop sombres, n’hésitez pas à les éclaircir au pinceau. Idem si certaines parties manquent de couleur, là encore en toute légèreté, utilisez l’outil de saturation par zones. Vous pouvez également supprimer les miettes, tâches et autre aspects indésirables avec l’outil réparation ou duplication. Enfin, pour mettre en lumière votre plat, n’hésitez pas à ajouter un léger vignettage.

Votre retouche est à présent terminée, si le résultat vous donne faim, c’est que votre photo est réussie !

Pour toute étude de projet lié à la photographie culinaire, n’hésitez pas à me contacter.

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