Captation de conférence : les bons réflexes

par | 20/11/2019 | vidéo

Qu’est-ce qu’une captation de conférence ?

De nombreux lieux culturels reçoivent des conférencier·e·s ou des personnes inspirantes qui viennent raconter leur histoire sur scène. Certaines entreprises réalisent également des conférences en interne.

La captation consiste à enregistrer ces conférences en audio ou en vidéo.

Pourquoi réaliser une captation ?

Une conférence est format généralement assez long, qui contient beaucoup d’informations. Il mérite bien souvent d’être revu, ré-écouté, ou tout simplement diffusé à grande échelle pour celles et ceux qui n’étaient pas sur-place le jour J.

En interne, dans le cas d’une entreprise ou d’une institution, il peut-aussi être intéressant de rendre certains contenus accessibles en intranet, à destination des salarié·e·s, élèves ou autre communauté.

Comment réaliser une captation ?

Dans cet article, nous allons voir comment réaliser une captation de conférence audio ou vidéo pour une diffusion différée. Nous n’aborderons pas l’exercice du « live ».

Notre objectif est d’enregistrer la conférence en intégralité, en se raccordant directement à la console de la salle.

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Étape 1 : le choix du matériel

Captation audio ou vidéo ? Quel est votre budget ? Cette étape va déterminer la qualité de votre enregistrement.

Captation audio

Pour une captation audio, la plupart des consoles numériques proposent une fonction d’enregistrement.

Cependant par sécurité, je vous recommande de brancher un enregistreur audio en sortie console.

Presque n’importe quel enregistreur portable peut faire l’affaire, Zoom, Tascam, Nagra… Ce qui compte c’est l’autonomie, et les entrées audio qu’il intègre.

Pour vous raccorder à une console, vous aurez besoin d’un câble XLR femelle, de préférence assez long selon la configuration de la salle. À vous de choisir ensuite le câble adapté à votre enregistreur.

De mon côté, j’ai fait l’acquisition d’un Zoom F1SP avec entrée jack mâle 3,5mm. J’ai donc acheté un câble mini-jack mâle stéréo vers XLR femelle, ce qui me permet également de brancher la console directement sur mon réflex. Attention à ne pas acheter un câble de mauvaise qualité, il peut impacter la qualité sonore de votre enregistrement.

Pensez à utiliser un casque pour le contrôle du son, comme par exemple le traditionnel Sennheiser HD 25, un casque de qualité, pratique à transporter et idéal pour la prise de son.

Captation vidéo

Il est  possible de n’utiliser qu’une seule caméra. Cependant votre plan sera fixe et le rendu global manquera de dynamisme. Dans l’idéal, utilisez deux caméras pour alterner un plan large, et un plan serré sur l’intervenant·e.

Pour un budget plus important, on peut bien-sûr imaginer 3 voire 4 caméras afin de couvrir différents angles. Certains systèmes vous permettent même de tout contrôler à distance.

Quelle caméra choisir ?

Le matériel le plus adapté à ce genre d’exercice est le caméscope professionnel ou la caméra plateau. Ces appareils disposent de batteries longue autonomie et permettent de faire des enregistrements de longue durée. Si vous ne faites que des captations de ce type ou si vous souhaitez équiper une salle, investissez dans ces caméras que vous finirez par rentabiliser.

En revanche, si vous êtes dans mon cas et que vous devez être polyvalent, il est possible de capter une conférence avec un appareil photo hybride, voire même au réflex.

L’inconvénient : la plupart des réflex sont bridés à 20 ou 30 minutes d’enregistrement, il n’est pas toujours possible de filmer en continu sur des longues durées. Vous serez donc contraint·e de jongler entre deux appareils pour les interrompre à tour de rôle.

Notez qu’il existe cependant des solutions pour contourner ce problème, en utilisant par exemple un moniteur / enregistreur externe comme le Ninja V ou le Shogun 7 de chez Atomos.

Personnellement j’utilise deux boitiers APS-C : un Canon EOS 80D sur trépied photo pour un plan large et fixe, et un Canon EOS 90D monté sur trépied vidéo Manfrotto MVK500AM pour un plan serré au téléobjectif. Le trépied vidéo permet des mouvements plus fluides en cas de déplacement des intervenants.

Comme je suis positioné à distance, à côté de la console, j’équipe mes boîtiers d’un objectif Canon 24-70mm EF f/4 L IS USM et d’un téléobjectif Canon EF 70-200mm f/4L IS II USM.

Quel ordinateur ?

Les formats conférences étant particulièrement longs – en général 1h minimum – il vous faut un ordinateur capable de supporter des fichiers de plusieurs Go, avec une mémoire vive suffisante, et une carte graphique assez puissante. Si vous ne disposez pas d’un outil très performant, je vous conseille de filmer en 1080p plutôt qu’en 4K.

Quel logiciel pour le montage ?

Si vous montez du son uniquement, utilisez un séquenceur :

Pour le montage vidéo, il existe là-encore de nombreux outils :

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Étape 2 : avant de partir

Une check-list pour ne rien oublier avant votre départ

  • votre enregistreur audio : batterie et carte mémoire
  • vos caméras : batteries et cartes mémoires
  • vos objectifs, prévoyez un chiffon antistatique
  • n’oubliez pas vos câbles et adaptateurs pour vous relier à la console
  • vérifiez que vous avez les « adaptateurs plateau » pour vos trépieds, ces petites pièces s’oublient facilement !
  • pensez à emporter votre casque
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Étape 3 : repérage et installation

Chaque salle de conférence a ses caractéristiques, chaque lieu est différent, anticipez et procédez aux réglages de vos appareils.

Venez toujours en avance pour avoir le temps de vous installer. Reperez les lieux, prenez contact avec la personne en charge de la technique/régie et demandez-lui de vous sortir une ligne pour vous raccorder à l’aide de votre adaptateur.

Où s’installer ? 

Cherchez le meilleur angle de vue, pour avoir l’ensemble des intervenants dans votre plan large, si possible avec une partie du public dans le cadre.

La plupart des gens ne prêtent pas attention aux caméras et n’hésitent pas à passer devant ! Alors cherchez un endroit où il n’y a pas beaucoup de passage, ou bien mettez-vous sur un support surélevé.

Faites un test son

Vous pouvez récupérer un signal mono directement via l’entrée micro de votre caméra, ou bien via l’entrée de votre enregistreur audio.

Il est nécessaire de régler manuellement l’entrée sonore sur votre appareil/caméra, si possible demandez à faire un test son avant le début de la conférence pour éviter tout problème technique.

Faites un test lumière

Là encore, si possible, demandez à faire un test lumière pour effectuer les réglages de vos appareils/caméras, pour ne pas être pris·e au dépourvu au début de la conférence.

Quels réglages ?

Basculez votre appareil en mode manuel pour éviter les changements automatiques de lumière.

Procédez aux étapes suivantes :

  • réglez la vitesse, en général autour de 1/50 selon les conditions de la salle
  • ouvrez votre focale pour faire rentrer un maximum de lumière
  • contrôlez la sensibilité, montée en iso
  • corrigez l’exposition

L’autofocus étant fiable chez Canon je reste en mode automatique, mais vous pouvez basculer en manuel, quitte a utiliser un moniteur externe pour un contrôle optimal de la netteté.

A noter : ces moniteurs permettent parfois des enregistrements continus en externe, ce qui peut également être utile dans notre cas.

Tous ces réglages permettent d’éviter une perte de temps en post-production.

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Étape 4 : le tournage

Quelques conseils pour un rendu optimal.

Maintenant que vos réglages sont au point, lancez l’enregistrement de votre plan large dès que les intervenants s’installent. Ensuite, anticipez les prises de parole et suivez les sujets qui s’expriment avec un plan plus serré (téléobjectif).

Continuez tout au long de la conférence en vérifiant régulièrement que vos plans sont stables, qu’il n’y a pas de problème de focus et que personne ne passe devant votre caméra.

Assurez-vous que le son reste correct, si vous prenez le son sur votre caméra, gardez un casque sur les oreilles pendant la captation.

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Étape 5 : montage, mixage et export

Comment procéder au montage d’une conférence ?

Le montage audio :

Relativement simple, le montage audio consiste à importer l’ensemble des conférences enregistrées dans votre séquenceur.

Repérez les courbes et équilibrez les niveaux de volume entre chaque intervenant. Vous pouvez utiliser un compresseur et un equaliseur.

Si votre son n’est pas destiné au montage vidéo, supprimez les blancs trop longs pour plus de rythme, notamment s’il y a des questions du public.

Ajoutez un fondu entrant en intro de chaque conférence et un fondu sortant à la fin, puis exportez votre fichier. S’il est destiné au montage vidéo, exportez-le au format wave 48.000 Hz.

Le montage vidéo : 

Importez l’ensemble de vos vidéos. Synchronisez le son sur l’image, notamment s’il a été pris sur un enregistreur séparé ou sur une autre caméra.

Faites un premier montage pour alterner les plans serrés, plans larges et supprimez éventuellement les moments de flottement pour un rendu plus dynamique.

Quand vous avez terminé, procédez aux  ajustements colorimétriques, à l’ajout de textes et synthés pour présenter les invités, et à l’intégration d’un logo si c’est une demande de votre client·e.

Une fois que tout est terminé il faut procéder à l’export et à la publication, ce qui peut prendre beaucoup de temps pour des vidéos de ce format.

Vous pouvez également monter un teaser sous-titré, en récupérant les meilleurs extraits de la conférence.

Le sous-titrage manuel est une étape particulièrement longue, c’est pourquoi j’évite de proposer la retranscription pour des vidéos de plus de 5 minutes. Exemple ci-dessous.

Afin de réaliser toutes ces étapes du tournage à la livraison, une vidéo de ce type représente 1 à 2 jours de travail environ.

Ces captations ont été réalisées pour Ground Control tout comme ces vidéos ateliers DIY.

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